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Sésostris Ier en hiéroglyphes : Khéperkarê, sa chapelle Blanche et son obélisque
5 novembre 2026
Le nom de couronnement de Sésostris Ier est ḫpr-kꜣ-rꜥ, Khéperkarê, « le ka de Rê vient à l’existence ». Il tient en trois signes dans un cartouche : le disque solaire, un scarabée et deux bras levés. Son nom de naissance, Senousret, veut dire « homme de la déesse Ouseret ».
Deuxième roi de la XIIe dynastie, il régna environ 45 ans à partir de 1960 av. J.-C. environ, les dix premières années comme associé de son père, Amenemhat Ier. Il bâtit dans toute l’Égypte, et deux de ses monuments portent encore son nom en signes nets et précis : la chapelle Blanche de Karnak et l’obélisque d’Héliopolis.
Trois signes écrivent Khéperkarê
Le disque solaire (N5) est Rê et se place en haut de l’ovale par respect, bien qu’on le lise en dernier. Le scarabée (L1) est ḫpr, « venir à l’existence ». Les Égyptiens voyaient dans le bousier roulant sa boule le soleil qui roule dans le ciel, et dans ses petits sortant de la boule la vie naissant de rien. Les deux bras levés (D28) sont kꜣ, le ka, la force vitale.
Quinze siècles plus tard, Nectanébo Ier, de la XXXe dynastie, prit exactement le même nom de couronnement. Un cartouche qui se lit Khéperkarê peut donc appartenir à l’un ou à l’autre. Le style de la gravure, fin au Moyen Empire, plein et arrondi à la Basse Époque, et le nom de naissance à côté permettent de trancher.
Son règne commença par un meurtre
Amenemhat Ier associa son fils au trône en l’an 21 de son règne. Dix ans plus tard, alors que Sésostris combattait en Libye, son père fut tué dans un complot de palais. Sésostris rentra en hâte à la capitale et prit le pouvoir.
Le meurtre ouvre le plus célèbre récit de la littérature égyptienne, le Conte de Sinouhé. Sinouhé, un fonctionnaire qui accompagne l’armée de Sésostris, surprend la nouvelle, prend peur et s’enfuit au Levant. Il y vit des décennies avant que le roi ne le rappelle. Le récit fut copié par les scribes pendant des siècles, et il loue Sésostris comme un souverain juste et miséricordieux.
La chapelle Blanche revint de l’intérieur d’un pylône
Pour son jubilé, en l’an 30 de son règne, Sésostris bâtit à Karnak un petit kiosque de calcaire pour la barque d’Amon, aujourd’hui appelé la chapelle Blanche. Au Nouvel Empire, il fut démonté et ses blocs servirent de remplissage dans le troisième pylône. C’est ce qui le sauva. Henri Chevrier trouva les blocs en 1926, et la chapelle fut remontée dans ce qui est aujourd’hui le musée en plein air de Karnak.
Ses reliefs comptent parmi les plus belles sculptures du Moyen Empire qui nous soient parvenues. Sésostris se tient devant Amon encore et encore, Khéperkarê au-dessus de lui. Autour de la base court une liste des provinces d’Égypte, chacune avec son emblème, sa superficie et sa ville principale.
Son obélisque se dresse toujours à Héliopolis
Pour le même jubilé, Sésostris dressa deux obélisques de granit rouge devant le temple du dieu soleil à Héliopolis, aujourd’hui le quartier cairote de Matariya. L’un se dresse toujours là où il le plaça, haut d’environ 20 m et lourd d’environ 120 tonnes. C’est le plus ancien obélisque encore debout en Égypte.
Chaque face porte une colonne de signes : le nom d’Horus du roi, son nom de couronnement et son nom de naissance, et des mots qui dédient l’obélisque à son jubilé. Les signes sont assez grands pour se lire depuis le sol.
La Nubie et Licht portent aussi son nom
En ses années 10 et 18, Sésostris fit campagne en Nubie et conquit le pays jusqu’à la deuxième cataracte. Il y laissa une garnison et une stèle de victoire. Il fut inhumé dans une pyramide à Licht, au sud de Memphis, près de celle de son père.
Des statues de lui venues du complexe de Licht sont au Musée égyptien du Caire, et d’autres à Stockholm, Turin, Londres et en Allemagne. De plus petits objets à son nom sont au Petrie Museum de Londres.
Questions
Senousret Ier et Sésostris Ier sont-ils le même roi ?
Oui. Sésostris est la forme grecque, celle qu’emploie d’ordinaire le français. Les livres anciens écrivent aussi Senouseret ou Ousertesen.
Quel est le plus ancien obélisque d’Égypte ?
Le plus ancien encore debout est l’obélisque de Sésostris Ier à Héliopolis, dans le quartier de Matariya au Caire, dressé pour son jubilé vers 1930 av. J.-C.
Qui d’autre portait le nom de couronnement Khéperkarê ?
Nectanébo Ier, un roi de la XXXe dynastie, vers 380 av. J.-C. Les deux cartouches se ressemblent, alors vérifiez le nom de naissance à côté.
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