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Hémiounou en hiéroglyphes : lire son nom et où le voir

5 novembre 2026

Dans cette graphie, le nom d’Hémiounou emploie U36, O28 et W24 : ḥm-iwnw, prononcé par convention Hémiounou. On le comprend d’ordinaire comme « serviteur d’Iounou », le nom égyptien d’Héliopolis.

Hémiounou fut un haut dignitaire de Khéops, sous la IVe dynastie. Son mastaba, G 4000, se trouve dans le cimetière occidental de Gizeh. Une statue assise trouvée dans sa tombe est conservée au Roemer- und Pelizaeus-Museum de Hildesheim.

U36 donne le son ḥm

U36 représente un battoir de foulon. Dans le nom d’Hémiounou, c’est un signe bilitère qui donne les consonnes ḥ et m. Le même signe peut aussi écrire le mot ḥm, « serviteur ». Quand on s’adresse au roi, ḥm peut vouloir dire « majesté », un autre emploi du même signe.

Le point sous le ḥ marque une consonne distincte du simple h. L’écriture hiéroglyphique note surtout les consonnes, si bien que les voyelles de la forme familière Hémiounou sont ajoutées par le lecteur. La translittération garde une distinction que l’orthographe française ne montre pas.

La forme du signe aide à le repérer dans une inscription gravée ou dessinée. Cherchez la forme courte du battoir, puis comparez son contour avec U36. De petites différences d’angle ou de proportions peuvent venir de la main du scribe ou du graveur.

O28 et W24 écrivent le nom d’Iounou

O28 représente une colonne et vaut iwn. W24 représente un bol et vaut nw. Ensemble, ces signes écrivent Iounou, le nom égyptien d’Héliopolis.

La suite montre que l’image d’un signe et sa valeur sonore sont deux choses différentes. O28 représente une colonne, et pourtant il donne ici iwn. W24 donne nw et achève l’orthographe d’Iounou.

Les égyptologues emploient la translittération pour noter les consonnes égyptiennes. La forme familière Hémiounou ajoute des voyelles pour que les lecteurs d’aujourd’hui puissent prononcer le nom. L’orthographe antique elle-même ne note pas ces voyelles.

Deux autres mots montrent des signes qui écrivent des sons et des mots

Dans ḥm-kꜣ, « serviteur du ka » ou « prêtre du ka », D31 écrit ḥm et D28 écrit kꜣ. D31 représente des bras tenant un battoir, D28 des bras levés. Leurs valeurs sonores donnent les deux parties du mot composé.

Le mot ḥtp, « offrande », peut s’écrire avec R4, le signe du pain sur une natte. Dans cet emploi, un seul signe représente le mot au lieu de l’épeler son par son. Le signe apparaît aussi dans d’autres mots et expressions avec la lecture ḥtp.

Le mot ib, « cœur », en est un autre exemple. F34 représente un cœur et peut écrire ib. Les textes égyptiens font aussi du cœur le siège de la pensée et des sentiments, et c’est pourquoi on peut parfois traduire ib par « esprit ».

Dessiner un hiéroglyphe

Hémiounou fut le vizir de Khéops

Une inscription de la statue d’Hémiounou lui donne les titres de « vizir » et de « fils du roi, de son corps », ainsi que de « directeur de tous les travaux du roi ». Le titre de fils royal fait partie de l’inscription. Il ne prouve pas à lui seul son lien de parenté exact avec Khéops.

On rattache Hémiounou à la construction de la grande pyramide de Khéops parce qu’il portait le titre des travaux royaux et servit sous son règne. Ces faits rendent sa participation au chantier plausible, mais les sources conservées ne disent pas qu’il conçut la pyramide ni qu’il en dirigea lui-même les travaux. La grande pyramide de Gizeh date du règne de Khéops.

Voir la page d’Hémiounou (en anglais)

Le mastaba G 4000 se dresse dans le cimetière occidental de Gizeh

La tombe d’Hémiounou est le mastaba G 4000, dans le cimetière occidental de Gizeh. Un mastaba est un bâtiment funéraire rectangulaire avec une chapelle où l’on faisait les offrandes. Un ou plusieurs puits descendent sous la chapelle jusqu’aux chambres funéraires. Le mot arabe mastaba veut dire « banquette », d’après la forme de la tombe.

La chapelle et le puits avaient des rôles différents. La chapelle offrait un lieu pour les offrandes au défunt, tandis que le puits menait à la sépulture. La tombe d’Hémiounou fait partie du vaste paysage de cimetières autour des pyramides royales de Gizeh.

Explorer Gizeh (en anglais)

La statue montre Hémiounou assis bien droit

Le Roemer- und Pelizaeus-Museum de Hildesheim conserve la statue assise en calcaire, trouvée dans G 4000. Ses dimensions relevées sont de 155,5 × 61,5 × 104,7 cm. Le Global Egyptian Museum la décrit comme un peu plus grande que nature.

Hémiounou est assis sur un bloc sans dossier. Sa main droite est fermée et sa gauche ouverte, toutes deux posées sur ses cuisses. La sculpture soigne particulièrement les plis de chair de la poitrine, les doigts et les orteils.

Questions

Hémiounou était-il pharaon ?

Non. Sa statue le désigne comme vizir et lui donne le titre de « fils du roi, de son corps ». Elle ne fait pas de lui un roi.

Quelle différence entre un mastaba et une pyramide ?

Un mastaba est un bâtiment funéraire rectangulaire avec une chapelle et un puits menant à la sépulture souterraine. Une pyramide a des faces inclinées qui montent jusqu’à une pointe. À Gizeh, les pyramides royales faisaient partie de complexes funéraires plus vastes.

Peut-on écrire le nom d’Hémiounou dans un cartouche ?

Le cartouche est un anneau ovale réservé aux noms royaux. Hémiounou était un haut dignitaire et non un roi, si bien que son nom s’écrit d’ordinaire sans cartouche.

Les personnages de l’article

Où le voir

Sources

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