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Les XIIe et XIIIe dynasties, le Moyen Empire en hiéroglyphes

5 novembre 2026

La XIIe dynastie a régné sur l’Égypte de 1985 à 1773 av. J.-C. environ et forme le cœur du Moyen Empire. Ses rois alternaient deux noms, Amenemhat et Sésostris, du fondateur Amenemhat Ier à Amenemhat IV, et la lignée s’acheva avec une femme, Néférousobek, qui régna en roi.

La XIIIe dynastie suivit, avec des dizaines de rois en 125 ans environ, dont beaucoup ne régnèrent qu’un an ou deux. Au même moment, une lignée distincte, comptée comme la XIVe dynastie, tenait une partie du Delta oriental. Toutes deux prirent fin vers 1650 av. J.-C., quand les Hyksôs s’emparèrent du Nord.

Amenemhat Ier a déplacé la capitale vers le nord

Amenemhat Ier avait sans doute été vizir avant de devenir roi. Il transféra la résidence royale de Thèbes dans une ville nouvelle, Amenemhat-itj-taouy, « Amenemhat s’empare des Deux Terres », abrégé en Itj-taouy. Ses ruines n’ont jamais été retrouvées. Elle se trouvait quelque part près des pyramides royales d’el-Licht, au sud de Memphis. Voici les noms de couronnement que prirent ces souverains :

  • Amenemhat Ier : Séhétepibrê
  • Sésostris Ier : Khéperkarê
  • Amenemhat II : Noubkaourê
  • Sésostris II : Khâkhéperrê
  • Sésostris III : Khâkaourê
  • Amenemhat III : Nimaâtrê
  • Amenemhat IV : Maâkhérourê
  • Néférousobek : Sobekkarê

Les deux noms de naissance honorent des dieux thébains

Le nom de naissance du fondateur est imn-m-ḥꜣt, dit Amenemhat, « Amon est en tête ». Le roseau fleuri (M17), le damier (Y5) et l’onde d’eau (N35) écrivent imn, Amon, le dieu de Thèbes. La chouette (G17) vaut m, « dans » ou « à ». L’avant-train d’un lion (F4) avec la miche (X1) écrit ḥꜣt, « l’avant » : l’avant d’un animal pour l’avant de toute chose.

Sésostris, s-n-wsrt, signifie « l’homme d’Ouseret », une déesse thébaine. Les égyptologues lisent Senousret, mais le français a gardé Sésostris, la forme des auteurs grecs. Les deux noms alternent tout au long de la dynastie, si bien que le numéro qui suit le nom est le seul moyen de distinguer quatre Amenemhat et trois Sésostris.

Écrire le cartouche d’Amenemhat (en anglais)

Khâkaourê demande cinq signes

Le nom de couronnement de Sésostris III est ḫꜥ-kꜣw-rꜥ, dit Khâkaourê, « les kas de Rê apparaissent ». Il demande cinq signes dans le cartouche. Le disque solaire (N5) écrit Rê et se place en tête par respect pour le dieu, bien qu’il se lise en dernier.

Le soleil qui se lève sur une colline (N28) écrit ḫꜥ, « apparaître », le mot qui désigne le soleil à l’aube et le roi sur son trône. Viennent ensuite trois paires de bras levés (D28). Une paire écrit kꜣ, le ka, la force vitale d’une personne. Trois paires font le pluriel, kꜣw.

Comparez avec Khéperkarê, ḫpr-kꜣ-rꜥ, le nom de Sésostris Ier : le même soleil, un seul ka, et le scarabée (L1) pour ḫpr, « venir à l’existence ». La plupart des noms de couronnement de la XIIe dynastie sont bâtis ainsi, avec Rê et un ou deux mots, si bien que ce sont les signes du milieu qui distinguent les rois.

Écrire le cartouche de Sésostris III (en anglais)

La Chapelle blanche de Sésostris Ier est de nouveau debout à Karnak

À Karnak, la Chapelle blanche de Sésostris Ier se dresse, reconstruite, dans le musée en plein air. Au Nouvel Empire, elle fut démontée et servit de remplissage dans le IIIe pylône d’Amenhotep III. Ses blocs furent retrouvés en 1927 et remontés. Ses reliefs en calcaire comptent parmi les plus beaux du Moyen Empire, et une liste des provinces d’Égypte court le long de sa base.

À Dahchour, Sésostris III et Amenemhat III bâtirent des pyramides de brique crue parées de pierre. Les bijoux de princesses trouvés à côté portent leurs cartouches. Sésostris III fit aussi campagne en Nubie, où il bâtit une chaîne de forteresses à la deuxième cataracte, et une stèle-frontière de Semna, aujourd’hui à Berlin, prévient que tout fils qui ne tiendra pas la frontière « n’est pas mon fils ».

La XIIIe dynastie a entassé cinquante rois en 125 ans

Le Canon royal de Turin, un papyrus de noms royaux écrit environ cinq siècles plus tard, contenait une cinquantaine de noms pour la XIIIe dynastie, dont beaucoup sont aujourd’hui perdus dans ses fragments. Plusieurs rois s’appelaient Sobekhotep, sbk-ḥtp, « Sobek est satisfait », d’après le dieu crocodile. Son ḥtp est le pain sur une natte d’offrande (R4), le même mot que dans la formule d’offrande.

L’image la plus connue d’un ka vient de la XIIIe dynastie. Le roi Hor, de nom de couronnement Aouibrê, fut enterré à Dahchour, à côté de la pyramide d’Amenemhat III. En 1894, Jacques de Morgan trouva dans sa tombe une statue de ka en bois grandeur nature, les bras levés du signe ka fixés sur la tête. Elle est au Musée égyptien du Caire.

La XIVe dynastie reste obscure. Ses rois régnaient depuis le Delta oriental, sans doute depuis Avaris, et beaucoup portaient des noms étrangers. Le mieux attesté, Néhésy, a un nom qui signifie « le Nubien ». La plupart des autres ne sont connus que par des scarabées, et leur ordre est discuté.

Les règnes du Moyen Empire se chevauchent

Les règnes se chevauchent. Sésostris Ier semble avoir régné aux côtés de son père une dizaine d’années, si bien que les dates d’une liste peuvent dépasser, additionnées, la durée de la dynastie.

Les noms de couronnement répètent leurs éléments. Khâkaourê, Khâkhéperrê et Khéperkarê ont des signes en commun : il faut lire chaque signe de l’anneau pour les distinguer.

Même la période est discutée. Certains historiens terminent le Moyen Empire avec la XIIe dynastie et rangent la XIIIe dans la Deuxième Période intermédiaire. La chronologie du site garde la XIIIe et la XIVe dans le Moyen Empire.

Ouvrir la XIIe dynastie sur la chronologie (en anglais)

Questions

Qui a fondé la XIIe dynastie ?

Amenemhat Ier, vizir du dernier roi de la XIe dynastie, Montouhotep IV, si l’identification habituelle est juste. Un texte du Moyen Empire, l’Enseignement d’Amenemhat, fait raconter au vieux roi un complot contre sa vie.

Qui fut le dernier souverain de la XIIe dynastie ?

Néférousobek, sans doute fille d’Amenemhat III, qui régna en roi pendant environ quatre ans. C’est la première femme dont le règne en tant que roi est bien attesté par ses propres monuments.

Pourquoi la XIIe dynastie est-elle célèbre pour sa littérature ?

Ses scribes ont écrit les classiques du moyen égyptien, l’état de la langue par lequel les débutants commencent encore : le Conte de Sinouhé, le Conte du paysan éloquent et des textes de sagesse. Les écoles les ont recopiés pendant des siècles.

Combien de rois a compté la XIIIe dynastie ?

Une cinquantaine, d’après le Canon royal de Turin, mais le nombre est incertain parce que le papyrus est brisé. Quelques-uns seulement, comme Néferhotep Ier et Sobekhotep IV, régnèrent assez longtemps pour laisser de nombreux monuments.

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Sources

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