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La XVIIe dynastie, les rois thébains contre les Hyksôs

5 novembre 2026

La XVIIe dynastie est une lignée de rois qui régnèrent sur la Haute-Égypte depuis Thèbes, de 1580 à 1550 av. J.-C. environ, tandis que les rois hyksôs de la XVe dynastie tenaient le Nord depuis leur capitale, Avaris, dans le Delta oriental. Ses deux derniers rois, Séqénenrê Taâ et Kamosé, entrèrent en guerre contre les Hyksôs.

Ahmôsis Ier, sans doute le frère cadet de Kamosé, acheva la guerre, prit Avaris et réunifia l’Égypte. Les historiens postérieurs firent de lui le fondateur d’une nouvelle dynastie, la XVIIIe, et avec lui commence le Nouvel Empire.

Avaris et Thèbes se partageaient l’Égypte

Les premiers rois de la dynastie sont difficiles à situer. Plusieurs s’appelaient Antef ou Sobekemsaf, et leur ordre est discuté. Même les dates de la dynastie reposent sur très peu de chose. La plupart furent enterrés à Dra Abou el-Naga, sur la rive ouest de Thèbes, dans de petites tombes surmontées de pyramides de brique crue.

Les Hyksôs d’Avaris étaient des rois d’origine proche-orientale qui régnaient à l’égyptienne. Le plus connu, Apopi, prit des noms de couronnement égyptiens et les écrivit dans des cartouches, et un célèbre texte de mathématiques, le papyrus Rhind, est daté de sa 33e année. Les relations avec Thèbes semblent être restées surtout pacifiques jusqu’au temps de Séqénenrê.

Le crâne de Séqénenrê Taâ porte des blessures de hache

Le nom de couronnement de Séqénenrê est sqnn-rꜥ, souvent traduit « celui que Rê rend brave », avec le disque solaire (N5) pour Rê. Un conte du Nouvel Empire, la Querelle d’Apophis et de Séqénenrê, fait se plaindre le roi hyksôs que les hippopotames d’un bassin de Thèbes l’empêchent de dormir à Avaris, à des centaines de kilomètres. Le papyrus s’interrompt avant toute guerre, mais son auteur plaçait le début du conflit sous ce règne.

Sa momie fut retrouvée en 1881 dans la cachette royale de Deir el-Bahari, avec de profondes blessures au visage et au crâne. Une étude au scanner publiée en 2021 les a rapprochées de haches et de poignards hyksôs et suggère qu’il mourut vers quarante ans, sans doute capturé au combat et tué les mains liées. Elle se trouve aujourd’hui au Musée national de la civilisation égyptienne, au Caire.

Kamosé et Ahmôsis ont la même fin de nom

Le nom de naissance de Kamosé est kꜣ-ms, dit « ka-mès ». Les bras levés du ka (D28) écrivent kꜣ, pris ici d’ordinaire dans son autre sens, « taureau ». Les trois peaux de renard (F31) écrivent ms, « naître », et l’étoffe pliée (S29) ajoute son s pour compléter la graphie : « le taureau est né ». Son nom de couronnement, wꜣḏ-ḫpr-rꜥ, Ouadjkhéperrê, emploie la tige de papyrus (M13) pour wꜣḏ, « prospérer », et le scarabée (L1) pour ḫpr, « venir à l’existence ».

Le nom de son frère, iꜥḥ-ms, Ahmôsis, prend le croissant de lune (N12) pour iꜥḥ, « lune », puis les mêmes peaux de renard et la même étoffe pliée : « la lune est née ».

Ahmès-Néfertari, fille de Séqénenrê et de sa reine Iâhhotep, épousa son frère Ahmôsis et devint sa grande épouse royale. Son nom commence par les trois mêmes signes.

Écrire le cartouche d’Ahmôsis (en anglais)

Kamosé a raconté sa guerre sur deux stèles

Kamosé dressa à Karnak deux grandes stèles qui racontent d’un seul tenant sa campagne vers le nord. La seconde, trouvée en 1954 enfouie dans la base d’une statue colossale de Ramsès II, est aujourd’hui au musée de Louxor. Le début du récit survit aussi sur la tablette Carnarvon, une planchette de scribe du début de la XVIIIe dynastie.

Les hommes de Kamosé arrêtèrent sur la piste du désert un messager porteur d’une lettre d’Apopi au souverain de Koush, en Nubie, qui lui demandait son aide contre Kamosé. La stèle la cite longuement. Jusqu’où son armée monta vers le nord reste discuté : la stèle parle d’un butin pris à Avaris, et certains savants doutent qu’il ait jamais atteint la ville.

Kamosé ne régna que trois à cinq ans environ. Ahmôsis monta jeune sur le trône, sa mère Iâhhotep assurant la régence, et prit Avaris au plus tard en sa 18e ou 19e année, puis assiégea Sharouhen, près de Gaza, pendant trois ans.

Les dynasties coupent à travers les familles

Ahmôsis était le fils de Séqénenrê et sans doute le frère de Kamosé, et pourtant on le compte dans la XVIIIe dynastie. La coupure vient de l’histoire plus tardive de Manéthon et de la fin de la guerre.

Les dynasties rivales se chevauchent. La XVe dynastie à Avaris et la XVIIe à Thèbes régnaient en même temps, et la XVIe, un groupe de rois mineurs, était peut-être thébaine, ou vassale des Hyksôs.

Les rois hyksôs employaient eux aussi des cartouches et des noms égyptiens : lisez quel dieu et quels mots contient un nom avant de le situer.

Ouvrir la XVIIe dynastie sur la chronologie (en anglais)

Questions

Qui étaient les Hyksôs ?

Des souverains d’origine proche-orientale qui prirent le pouvoir dans le nord du delta du Nil et formèrent la XVe dynastie, vers 1650–1550 av. J.-C. Leur nom vient de l’égyptien ḥqꜣw ḫꜣswt, « chefs des pays étrangers ».

Comment Séqénenrê Taâ est-il mort ?

De mort violente, sous des coups de hache et d’autres armes à la tête et au visage. On débat encore pour savoir s’il tomba au combat ou fut tué après sa capture.

Qui fut le dernier roi de la XVIIe dynastie ?

Kamosé, sans doute fils de Séqénenrê. Il mourut après un règne bref et eut pour successeur Ahmôsis Ier, sans doute son frère, premier roi de la XVIIIe dynastie.

Où voir la XVIIe dynastie aujourd’hui ?

La momie de Séqénenrê, et celle qu’on attribue à Ahmès-Néfertari, sont au Musée national de la civilisation égyptienne, au Caire, et la seconde stèle de Kamosé est au musée de Louxor. Les tombes de Dra Abou el-Naga sont en grande partie ruinées, et il reste peu à voir au-dessus du sol.

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Sources

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