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Toutânkhamon en hiéroglyphes : ses deux cartouches, signe par signe

5 novembre 2026

Toutânkhamon écrivait son nom dans deux cartouches. Le court donne son nom de trône, Nebkhéperourê : un disque solaire, un scarabée, trois traits du pluriel et une corbeille. Le long donne son nom de naissance, Toutânkhamon, suivi d’un titre, « souverain de l’Héliopolis du Sud ».

Il devint roi vers neuf ans et mourut vers dix-neuf ans, dans les années 1320 av. J.-C. Sa tombe a été retrouvée presque intacte en 1922, si bien que ces deux cartouches nous sont parvenus sur des centaines d’objets. Apprenez-les une fois, et vous le reconnaîtrez sur l’or, le bois, le verre et la pierre.

Son nom de trône est Nebkhéperourê

Le roi prenait son nom de trône en montant sur le trône. Celui-ci s’écrit nb-ḫprw-rꜥ, se prononce « neb-khépérou-rê » et signifie « Rê est le maître des formes ».

Le disque solaire (N5) est placé en haut parce qu’il est le dieu Rê, et le nom d’un dieu se plaçait en tête par respect. On le lit pourtant en dernier. En dessous, le scarabée (L1) accompagné des traits du pluriel (Z2) écrit ḫprw, « les formes ». La corbeille (V30), tout en bas, est nb, « maître ».

L’ordre de lecture est donc corbeille, scarabée, traits, soleil, à l’inverse de l’ordre où les signes apparaissent. Les quatre signes sont empilés pour bien remplir l’ovale, c’est pourquoi les petits traits se logent à côté du scarabée.

Son nom de naissance compte dix signes

Le nom de naissance est twt-ꜥnḫ-imn, « tout-ânkh-amon », « image vivante d’Amon ». Il compte dix signes. Il s’ouvre sur le nom du dieu, là encore placé en tête par respect : le roseau fleuri (M17), le plateau de jeu (Y5) et l’ondulation d’eau (N35) écrivent imn, Amon.

Vient ensuite twt, « image » : un pain (X1), un poussin de caille (G43) et un second pain. L’ânkh (S34) est ꜥnḫ, « vivant ». Les trois derniers signes forment un titre : la crosse (S38) est ḥqꜣ, « souverain », la colonne (O28) représente la ville d’Héliopolis, iwnw, et le jonc fleuri (M26) est šmꜥ, la Haute-Égypte. Les spécialistes ne s’accordent pas sur le sens d’« Héliopolis du Sud » : Thèbes, ou Armant, un peu plus au sud, qu’on appelait aussi iwnw šmꜥ.

Les voyelles ne s’écrivaient pas, aussi les orthographes varient-elles dans les livres modernes : Toutankhamon, Toutânkhamon et Tutankhamun désignent le même nom.

Toutânkhaton est devenu Toutânkhamon

Il est né Toutânkhaton, « image vivante d’Aton », à l’époque où Akhenaton plaçait le disque solaire au-dessus de tous les autres dieux. Au début de son règne, la cour revint à Amon et aux anciens temples. Son nom changea avec elle, tout comme celui de sa reine, Ânkhésenpaaton devenue Ânkhésenamon.

Dans l’écriture, le changement tient en un groupe de signes. Le groupe d’Aton, qui se termine par un disque solaire, céda la place au roseau, au plateau de jeu et à l’eau d’Amon. Le trône d’or de sa tombe porte les deux formes.

Après sa mort, ses noms furent à leur tour usurpés. Sur les reliefs de la fête d’Opet qu’il avait fait sculpter au temple de Louxor, ses cartouches furent plus tard remplacés, surtout par ceux d’Horemheb.

Le Grand Musée égyptien réunit la plupart de ses noms

L’essentiel du trésor se trouve aujourd’hui au Grand Musée égyptien, à Gizeh : le masque d’or, les sarcophages, les chapelles dorées, le trône et les chars. Nebkhéperourê figure sur presque chaque pièce, souvent incrusté ou ciselé dans l’or.

Dans la Vallée des Rois, sa propre tombe (KV62) ne conserve qu’une salle peinte. Sur son mur nord, le roi suivant, Aÿ, accomplit pour lui l’ouverture de la bouche, et les cartouches des deux rois surmontent la scène. La momie du jeune roi est toujours dans la tombe.

À Saqqarah, la tombe qu’Horemheb s’était fait construire quand il était général le montre au service de Toutânkhamon. Dans la colonnade du temple de Louxor, cherchez les cartouches regravés où l’on devine encore des traces des signes d’origine.

Le nom de trône est le cartouche le plus facile à dessiner

Mieux vaut commencer par le nom de trône. Dessinez d’abord l’ovale, puis le soleil en haut, le scarabée au milieu avec trois traits à côté, et la corbeille en dessous, comme un bol plat coupé en deux.

Écrire Nebkhéperourê dans un cartouche (en anglais)

Questions

Pourquoi Toutânkhamon a-t-il deux cartouches ?

Chaque roi avait cinq noms. Deux seulement, le nom de trône et le nom de naissance, s’écrivaient dans un cartouche. Les autres, comme son nom d’Horus, s’écrivent hors du cartouche et sont plus rares sur les objets.

Le roi Tut, est-ce son vrai nom ?

« King Tut » est un surnom moderne que la presse anglophone a popularisé après la découverte de la tombe en 1922. Les Égyptiens écrivaient twt-ꜥnḫ-imn, et les égyptologues francophones disent Toutânkhamon.

Comment savoir quel cartouche est lequel sur un objet ?

Comptez les signes. Quatre signes avec un scarabée, c’est le nom de trône. Un cartouche plus long avec un ânkh et une crosse, c’est le nom de naissance. Les deux sont souvent côte à côte.

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Sources

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