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À Victoria, l’exposition « Égypte ancienne : Obsédés par la vie » explore les rites funéraires

8 novembre 2026

L’exposition « Égypte ancienne : Obsédés par la vie » est présentée au Musée royal de la Colombie-Britannique, à Victoria, jusqu’au 3 janvier 2027. Conçue par MuseumsPartner, en Autriche, avec le musée Moesgaard, au Danemark, elle occupe près de 840 m² et rassemble quelque 250 objets anciens. L’entrée est comprise dans le billet du musée.

L’exposition fait découvrir les étapes de la mort en Égypte ancienne, du dernier souffle à l’inhumation, en passant par l’embaumement et le voyage dans l’au-delà, avec des jeux de lumière, des sons et des odeurs. Presque tous les cercueils, papyrus et vases exposés portent des inscriptions. Trois mots permettent d’en comprendre l’essentiel : Osiris, offrande et sortir au jour.

Le nom d’Osiris figure sur chaque cercueil

L’Égyptien qui mourait espérait devenir un Osiris, à l’image du dieu tué, reconstitué puis devenu roi des morts. Sur les cercueils et les papyrus, le nom du défunt suit souvent directement celui du dieu, sous la forme « l’Osiris » suivi du nom. Le cercueil extérieur peint d’une personne nommée Takherou, datant de l’époque ptolémaïque, figure parmi ceux répertoriés par les organisateurs.

Le nom du dieu, wsjr, s’écrit avec deux signes, suivis d’un troisième qui indique qu’il s’agit d’un dieu. Les signes du trône () et de l’œil () écrivent le nom, puis le Dieu assis () précise de qui il s’agit. Repérez le siège et l’œil côte à côte : le nom du défunt vient généralement juste après.

Sortir au jour donne son nom au Livre des morts

Les papyrus illustrés répertoriés par les organisateurs, qui datent de la Troisième Période intermédiaire et de l’époque ptolémaïque, sont des copies de ce que nous appelons le Livre des morts. Les Égyptiens le nommaient le livre pour sortir au jour, prt m hrw : des formules destinées à aider les défunts à franchir les portes et à passer devant les dieux de l’au-delà, puis à revenir à la lumière du jour.

Lisez les signes un à un. La Maison () donne pr, la Bouche () note r, le Pain () note t et les Jambes qui marchent () indiquent le mouvement : prt, « sortir ». La Chouette () note m, « par ». L’Abri de roseaux (), la Bouche et le Poussin de caille () composent hrw, « jour », suivi du Soleil ().

Le signe de l’offrande nourrit les défunts

Les cercueils, les stèles et les statues réclament des offrandes au moyen de la formule ḥtp-dj-nswt, « une offrande que donne le roi ». Son signe essentiel est le pain posé sur une natte de roseaux (), ḥtp, qui signifie « offrande », mais aussi « paix ». La prière énumère ensuite le pain, la bière, les bœufs, les oiseaux, le lin et tout ce qui est bon et pur pour l’esprit du défunt.

La statue d’un homme nommé Raia, datant du Nouvel Empire et elle aussi répertoriée par les organisateurs, appartient au même univers. Une statue fournissait à l’esprit un corps où revenir, et le nom gravé dessus garantissait que les offrandes parviennent à la bonne personne.

Lire la formule d’offrande phrase par phrase

Les chaouabtis et les vases canopes accomplissaient le travail

Des chaouabtis et leurs boîtes sont présentés dans la section consacrée aux sépultures. Ces petites figurines en forme de momie étaient censées effectuer dans l’au-delà la part de travail agricole du défunt. Elles portent une formule du Livre des morts qui leur ordonne de répondre « me voici » lorsqu’on les appelle.

Les vases canopes contenaient les poumons, le foie, l’estomac et les intestins, chacun protégé par l’un des quatre fils d’Horus. En 2023, une équipe de scientifiques dirigée par Barbara Huber a analysé le baume d’embaumement laissé dans deux vases ayant appartenu à une noble nommée Senetnay, nourrice du futur Amenhotep II vers 1450 av. J.-C. Un parfumeur en a reconstitué l’odeur, avec notamment de la cire d’abeille, des huiles végétales et des résines. À l’ouverture de l’exposition au musée Moesgaard, les visiteurs ont pu la sentir. La version de Victoria fait elle aussi appel à des parfums anciens reconstitués.

La tombe de Sennedjem est reconstituée en grandeur nature

L’exposition itinérante comprend une réplique grandeur nature de la chambre funéraire de Sennedjem, un artisan qui travaillait sur les tombes royales et vivait dans le village d’ouvriers de Deir el-Médineh. Sa véritable tombe, découverte intacte en 1886, est ornée de certaines des peintures les plus éclatantes d’Égypte : on y voit Sennedjem et son épouse Iyneferti cultiver les champs de l’au-delà, ainsi que les dieux qui les guident.

Les murs sont couverts des mêmes mots, dont Osiris et la formule d’offrande. La réplique est donc un bon endroit pour s’exercer à les lire. L’outil photo du site lit les signes à partir d’une image, qui reste sur votre téléphone.

Lire la tombe de Sennedjem (en anglais)

Les familles découvrent l’au-delà au cours d’un parcours virtuel en 3D

Le Musée royal de la Colombie-Britannique se trouve au 675, rue Belleville, à Victoria, et l’exposition occupe son deuxième étage. Les familles peuvent faire un parcours virtuel en 3D dans l’au-delà, et des ateliers pratiques montrent comment on enveloppait un corps. Le musée avertit que l’exposition utilise des aimants puissants susceptibles de perturber les appareils médicaux.

Questions

Combien de temps dure l’exposition sur l’Égypte au Musée royal de la Colombie-Britannique ?

Elle a ouvert le 5 juin 2026 et se poursuit jusqu’au 3 janvier 2027. L’entrée est comprise dans le billet du musée et gratuite pour les membres.

Y a-t-il de vraies momies dans « Égypte ancienne : Obsédés par la vie » ?

L’exposition présente des momies animales, notamment des faucons et des buses des époques ptolémaïque et romaine, ainsi que des cercueils, un masque de momie doré et des vases canopes.

Qu’est-ce que le Livre des morts ?

C’est un ensemble de formules inscrites sur des papyrus ou des cercueils pour aider les défunts à traverser l’au-delà. Les Égyptiens l’appelaient le livre pour sortir au jour.

Où le voir

Sources

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