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Le pilier djed, la colonne vertébrale d’Osiris

5 novembre 2026

Le pilier djed signifie la stabilité. Comme hiéroglyphe, il écrit ḏd, dit « djed » : être stable, durer. À partir du Nouvel Empire, les Égyptiens y voyaient aussi la colonne vertébrale d’Osiris, le dieu assassiné revenu à la vie : redresser un djed, c’était remettre Osiris debout.

Le signe est une colonne sur une large base, avec quatre barres transversales empilées près du sommet. On le trouve en amulette d’or ou de faïence dans les vitrines des musées, en longues frises sur les murs des temples et dans des noms de rois.

Le modèle du pilier reste incertain

On ne sait pas au juste ce que le djed représentait à l’origine. Les hypothèses habituelles sont un poteau entouré de gerbes de céréales liées par étages, ou un tronc d’arbre aux branches coupées. L’une comme l’autre expliquerait les barres du sommet.

Sous la pyramide à degrés de Djéser, à Saqqarah, bâtie vers 2650 av. J.-C., les murs des chambres dites bleues sont revêtus de milliers de carreaux de faïence bleu-vert, et des panneaux en arc y reposent sur des rangées de piliers djed. Un panneau a été remonté au Musée égyptien du Caire.

Le djed appartenait d’abord aux dieux de Memphis : Sokar, et Ptah, qu’on appelait « le noble djed ». Au Nouvel Empire, il est solidement rattaché à Osiris. Le fût devient sa colonne vertébrale et les barres ses vertèbres.

Le pilier écrit deux consonnes

Le pilier est un signe bilitère : ḏ, un son proche du dj de djinn, et d. Les scribes pouvaient aussi écrire ces deux sons avec le cobra (ḏ) et la main (d). Ce couple ouvre d’innombrables formules sous la forme ḏd-mdw, « djed medou », « paroles à dire ». Là, ḏd signifie « dire », un autre mot aux mêmes consonnes, et le bâton qui suit écrit mdw, « paroles ».

Le pilier lui-même figure dans des noms royaux. Djédefrê, fils et successeur de Khéops, écrivait son nom avec trois signes : le disque solaire de Rê, placé en tête par respect, puis le pilier, ḏd, puis la vipère à cornes, f, « il ». Dans l’ordre, cela donne ḏd.f-rꜥ, « il dure comme Rê ».

Le plus souvent, le djed se tient entre deux autres signes dans un souhait figé pour le roi :

  • ꜥnḫ ḏd wꜣs : vie, stabilité et pouvoir
  • dj ꜥnḫ ḏd wꜣs : doué de vie, de stabilité et de pouvoir
  • ḏd.f-rꜥ : il dure comme Rê, Djédefrê
  • ḏd-mdw : paroles à dire, en tête des formules

Les rois dressaient le djed avec des cordes

Le pilier était aussi un objet réel, dressé lors d’un rite. Les prêtres et le roi tiraient avec des cordes un grand djed couché jusqu’à le mettre debout, mimant Osiris qui se relève. Le rite clôturait la fête de Sokar et d’Osiris au mois de Khoiak, et les rois l’accomplissaient lors de leurs jubilés.

La plus belle représentation se trouve à Thèbes, dans la tombe de Khérouef, intendant de la reine Tiyi. Amenhotep III y dresse le pilier lors de son troisième jubilé, Tiyi à ses côtés, et seize princesses agitant des sistres prennent part aux mêmes cérémonies.

On accomplissait surtout ce rite à Busiris, dans le Delta, dont le nom égyptien, Djedou, s’écrit avec le pilier. À Abydos, l’autre grande ville d’Osiris, le djed revient sans cesse : dans le temple de Séthi Ier, les salles d’Osiris situées derrière les sept chapelles montrent le pilier dressé et honoré.

La plupart des djeds qu’on voit sont des amulettes

Les amulettes sont l’endroit le plus courant. Le chapitre 155 du Livre des morts est une « formule pour un djed d’or », à réciter sur un pilier d’or enfilé sur une fibre de sycomore et placé au cou du défunt le jour de l’enterrement. Il s’adresse au mort comme à Osiris : redresse-toi, ta colonne vertébrale est à toi. L’or était l’idéal, mais beaucoup des amulettes djed conservées sont vertes ou bleues, en faïence ou en pierre.

Sur les murs des temples et les cercueils, le djed alterne souvent avec le nœud tit d’Isis, ou s’aligne avec l’ânkh et le sceptre ouas. Quelques bons endroits où le chercher :

  • le temple de Séthi Ier à Abydos, dans les salles d’Osiris
  • l’Osiréion, juste derrière, bâti pour le dieu
  • le panneau de faïence bleue de la pyramide à degrés, remonté au Musée égyptien du Caire
  • les vitrines d’amulettes de presque toutes les grandes collections égyptiennes

Quatre barres font le djed

Commencez par le grand fût, plus large à la base. Ajoutez près du sommet les quatre barres transversales, régulièrement espacées et un peu plus larges que le fût. Un petit chapiteau termine le signe.

Les versions sculptées montrent souvent un fût évasé au pied et des barres en épaisses nervures. Dessinez le vôtre, et le carnet vous dira à quel point il ressemble au signe.

Dessiner le pilier djed

Questions

Que symbolise le pilier djed ?

La stabilité et la durée, et à travers Osiris la renaissance après la mort : on l’enterrait avec les défunts et on le souhaitait au roi.

Comment prononcer djed ?

On dit « djed ». Le mot égyptien avait les consonnes ḏ et d, et sa voyelle est une hypothèse moderne.

Le djed des reliefs de la « lampe de Dendérah » fait-il partie d’une lampe électrique ?

Dans les cryptes du temple de Dendérah, un djed soutient une fleur de lotus d’où sort un serpent, qu’on prend parfois aujourd’hui pour une lampe. Les inscriptions désignent le serpent comme une forme du dieu Harsomtous, et les égyptologues y lisent une image de la création.

Qui tient le sceptre djed ?

Ptah, le dieu de Memphis et des artisans. On le représente enveloppé comme une momie, tenant un bâton qui réunit le sceptre ouas, l’ânkh et le djed.

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Sources

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