Articles › Lire les musées et les sites

Dix inscriptions à lire au Grand Musée égyptien

5 novembre 2026

Le Grand Musée égyptien de Gizeh a entièrement ouvert en novembre 2025, et ce qu’il offre de mieux à lire est le trésor funéraire de Toutânkhamon, réuni pour la première fois depuis la découverte de sa tombe en 1922. Deux cartouches suffisent à en lire l’essentiel : son nom de couronnement, Nebkhéperourê, et son nom de naissance, Toutânkhamon. Ajoutez deux monuments de Ramsès II, l’obélisque surélevé de l’entrée et le colosse de l’atrium, et vous avez dix inscriptions pour une visite.

Les salles sont neuves, et des objets peuvent quitter leur vitrine pour une restauration ou un prêt. Consultez le plan du musée le jour même pour savoir où se trouve chaque pièce.

Ramsès II vous accueille à la porte

La première inscription est dehors. Un obélisque de Ramsès II se dresse, soulevé sur quatre piliers, devant l’entrée : on passe dessous et on lève les yeux vers son cartouche gravé sur la base, une face restée cachée tant qu’il reposait au sol.

La deuxième vous attend dans l’atrium : le colosse de granit rouge de Ramsès II, haut d’environ 11 mètres, qui s’est dressé place Ramsès, au centre du Caire, de 1955 à 2006.

Cherchez ses deux cartouches. Le nom de couronnement, Ousermaâtrê, se compose du disque solaire, de la tête d’un canidé (F12) pour wsr, « puissant », et de la déesse Maât. Il est souvent suivi de Sétepenrê, « l’élu de Rê ». Le nom de naissance, Ramsès, se compose du disque solaire, des trois peaux de renard (F31) pour ms, « né », de l’étoffe pliée et du jonc, souvent suivis de Méryamon, « aimé d’Amon ».

Le masque et les cercueils portent des formules

Le masque est la troisième. Son visage ne porte aucun texte, mais faites le tour vers l’arrière et les épaules : des lignes d’une formule de protection du Livre des morts (chapitre 151) attribuent un dieu à chaque partie de la tête, pour que tout le visage soit gardé.

Les cercueils sont la quatrième. Des lignes de texte descendent le long des couvercles et font le tour des flancs. Elles nomment le roi et appellent les dieux à le protéger. Cherchez Nebkhéperourê dans un cartouche. Son scarabée (L1) et sa corbeille (V30) se repèrent facilement, même dans l’or.

Le trône montre ses deux noms

Le trône d’or est la cinquième, et la plus intéressante à lire. Son dossier montre la reine touchant l’épaule du roi sous les rayons du disque solaire. Il porte le nom du roi sous ses deux formes, Toutânkhaton, de ses premières années, et Toutânkhamon, après le retour au dieu Amon. Le damier (Y5) d’Amon est le signe à comparer.

Les quatre chapelles dorées qui s’emboîtaient autour des cercueils sont la sixième : leurs parois sont couvertes de textes religieux, parmi lesquels des livres sur l’au-delà. Sur la deuxième chapelle, une partie d’un texte du monde inférieur est écrite en signes cryptographiques dont les spécialistes débattent encore.

La septième est le coffre à canopes en calcite, qui contenait les organes embaumés du roi. Isis, Nephthys, Neith et Selkis étendent les bras sur ses angles, et les panneaux entre elles portent les paroles de chaque déesse.

Ses bijoux écrivent son nom de couronnement

La huitième est une paire de statues du roi grandeur nature, noir et or, qui montaient la garde à la porte de la chambre funéraire. Sur l’une d’elles, la colonne de texte au milieu du pagne nomme le ka royal d’Horakhty, puis son nom de couronnement, Nebkhéperourê.

La neuvième, ce sont les bijoux. Plusieurs pièces font de son nom de couronnement une image : un scarabée qui pousse un disque solaire, la corbeille dessous.

La dixième est un coffret d’ébène et d’ivoire en forme de cartouche, un anneau de nom qu’on peut tenir dans la main, avec ses noms et ses titres en signes remplis de bleu sur le couvercle et en bandeaux sur les côtés. Chars, cannes et coffres portent aussi ses noms.

Le nom de Djédefrê marque la barque de Khéops

La première barque de Khéops, reconstituée à partir des planches de cèdre trouvées dans une fosse au pied de la Grande Pyramide, a été transférée ici en 2021. La barque elle-même ne porte aucun texte. Les blocs qui couvraient sa fosse portent le nom de Djédefrê, fils de Khéops, en marques de carriers et en cartouches, signe qu’il l’a sans doute enterrée.

Son cartouche compte trois signes : le disque solaire, le pilier djed (R11) et la vipère à cornes (I9), ḏd.f-rꜥ, « Il dure comme Rê ». Là où le musée montre ces blocs ou leurs photos, cherchez ce pilier.

Six signes reviennent dans tout le trésor

Six signes valent la peine d’être reconnus d’un coup d’œil :

SignenomSonPrononciation
Le scarabée L1ḫprdans Nebkhéperourê
La corbeille V30nb« seigneur », en bas de ce cartouche
Le damier Y5une partie du nom du dieu Amon
L’ânkh S34ꜥnḫ« vivant », dans Toutânkhamon
Le sceptre heqa S38ḥqꜣ« souverain », dans son nom de naissance
L’anneau du cartouche V10autour de chaque nom royal

Écrire Nebkhéperourê avant votre visite (en anglais)

L’or et le verre demandent un téléphone incliné

L’or et le verre reflètent fort. Coupez le flash, décalez-vous un peu et inclinez le téléphone jusqu’à ce que les signes apparaissent en traits sombres. Sur les grandes statues gravées de l’atrium et du Grand Escalier, les signes sont assez grands pour que la caméra en direct les encadre.

Lisez vers les visages. Les oiseaux et les personnages d’une ligne regardent vers son début, donc un cartouche dont les signes regardent à gauche se lit de gauche à droite. Pour les petits signes incrustés, prenez une photo nette et tracez le signe dessus.

Lire un signe avec l’appareil photo

Questions

La momie de Toutânkhamon est-elle au Grand Musée égyptien ?

Non. Sa momie reste dans sa tombe, KV62, dans la Vallée des Rois, sous une vitre. Le musée possède son masque, ses cercueils et le reste du trésor.

L’ancien Musée égyptien de la place Tahrir vaut-il encore la visite ?

Oui, pour qui lit les hiéroglyphes. Il garde une grande collection de statues, de stèles et de cercueils inscrits de toutes les époques.

Peut-on photographier avec son téléphone au Grand Musée égyptien ?

Depuis 2019, les musées égyptiens autorisent les photos personnelles au téléphone et à l’appareil photo à l’intérieur, sans flash. Les règles peuvent changer : renseignez-vous à l’entrée.

Les personnages de l’article

Où le voir

Sources

Lire cet article en anglais

À lire aussi