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La translittération de l’égyptien : ce que veulent dire ꜣ, ꜥ, ḥ et ḫ

5 novembre 2026

La translittération de l’égyptien écrit les hiéroglyphes en lettres latines, une lettre par consonne que les signes épellent. Les lettres étranges notent des sons que l’alphabet latin n’a pas : ꜣ et ꜥ se disent tous deux « a » par convention, ḥ est un h fortement soufflé, ḫ le kh de l’allemand Bach. Il n’y a pas de voyelles, parce que les hiéroglyphes ne les ont jamais écrites.

Quand un livre imprime ꜥnḫ, lisez donc ânkh. ḥtp se dit hotep, et ḏḥwty, le dieu Thot, Djéhouty. Chaque lettre spéciale correspond à un signe de l’alphabet hiéroglyphique : la translittération sert de clé pour déchiffrer un mur autant qu’une page.

Chaque lettre spéciale a son propre signe

Les égyptologues prononcent ces lettres d’une manière fixée et convenue. Ce son convenu aide à la lecture. Le son antique était souvent différent, et pour certaines lettres il reste discuté.

  • ꜣ, vautour G1 : se dit « a », sans doute autrefois proche de r ou de l
  • ꜥ, avant-bras D36 : se dit « a », un son de gorge comme le aïn arabe
  • ḥ, mèche tordue V28 : un h fort et soufflé
  • ḫ, placenta Aa1 : kh, comme dans l’allemand Bach
  • ẖ, ventre et mamelle F32 : un kh plus doux, comme dans l’allemand ich
  • š, bassin N37 : ch, comme dans chat
  • q ou ḳ, colline de sable N29 : un k prononcé au fond de la gorge
  • ṯ, corde d’attache V13 : tch, comme dans tchèque
  • ḏ, cobra I10 : dj, comme dans djinn

Un petit signe diacritique change le son d’une lettre

La plupart des lettres spéciales sont une lettre ordinaire munie d’un signe, et ce signe change le son. Le h simple est l’abri de roseau O4, ḥ la mèche V28. Le t simple est le pain X1, ṯ la corde d’attache V13. Le d simple est la main D46, ḏ le cobra I10. Le k simple est la corbeille V31, q la colline de sable N29.

La crosse S38 écrit ḥqꜣ, « souverain », dit héqa : un h fort, un k profond et le a du vautour. L’étoffe sur un mât R8 écrit nṯr, « dieu », dit nétjer. Le pilier R11 écrit ḏd, « stable », dit djed. Le ventre F32 avec le pain X1 écrit ẖt, « corps », dit khet.

Toutânkhamon s’écrit twt-ꜥnḫ-imn

Son nom de naissance se translittère twt-ꜥnḫ-imn, « image vivante d’Amon ». Dans le cartouche, le nom d’Amon passe en tête par respect pour le dieu : le roseau M17 pour i, le plateau de jeu Y5 pour mn, l’ondulation d’eau N35 qui redit le n. Il se lit pourtant en dernier.

Puis twt : le pain X1 pour t, le poussin de caille G43 pour w, de nouveau le pain pour t. La convention française lit w comme ou, et twt devient Tout. L’ânkh S34 écrit ensuite à lui seul les trois consonnes de ꜥnḫ : ꜥ dit a, puis n, puis ḫ dit kh, soit ânkh. Enfin imn, où i se dit a, donne Amon (certains livres écrivent Amen).

Mis bout à bout, cela donne Tout-ânkh-amon. Dans une translittération, les traits d’union relient les parties d’un même nom ou d’une même expression. Un point isole un suffixe, comme dans ḫꜥ.f-rꜥ, Khâefrê, le Khéphren des Grecs, « il apparaît comme Rê », où .f signifie « il ».

Écrire le cartouche de Toutânkhamon (en anglais)

Le français et l’anglais n’écrivent pas Hatchepsout de la même façon

Son nom est ḥꜣt-špswt, « la première des nobles dames ». L’avant-train de lion F4 écrit ḥꜣt, « devant » : ḥ dit h, ꜣ dit a, puis t, ce qui donne Hat. Puis špswt : š dit ch, p, s, w dit ou, t. Un e glissé entre š et p donne Chepsout.

Le français écrit š avec ch, d’où Hatchepsout dans les livres français. L’anglais écrit le même son sh, d’où Hatshepsut dans les livres anglais. La translittération ḥꜣt-špswt est la même dans les deux langues.

Les ouvrages suivent plus d’une convention

La translittération connaît plusieurs conventions. Le roseau M17 s’imprime i dans beaucoup de grammaires anglaises, parfois surmonté d’un crochet, et j dans bien des ouvrages récents et de langue allemande. La colline de sable N29 s’écrit ḳ, un k pointé, dans la littérature ancienne, et q dans les publications modernes. Le son reste le même.

Certaines lettres se sont confondues avec le temps. Le verrou O34 vaut z en ancien égyptien. En moyen égyptien, il se prononçait comme l’étoffe pliée S29, et certains livres écrivent donc les deux s. Le vautour ꜣ est plus délicat encore : les spécialistes pensent qu’il fut d’abord une sorte de r ou de l, devenu ensuite un coup de glotte ou un son proche de y.

Les lettres cachent aussi de vrais sons. Prononcer ꜣ et ꜥ tous deux a relève de la pure commodité : ꜥ était presque certainement une consonne de gorge, comme en arabe. Chaque page de signe du site donne la translittération à côté de l’image et de la prononciation.

Parcourir les signes et leurs lettres (en anglais)

Questions

Comment lire l’égyptien si les voyelles n’étaient pas écrites ?

Les consonnes portent le sens, et la grammaire, les déterminatifs et le contexte font le reste. Les états plus tardifs de la langue aident pour les sons : le copte, écrit en lettres dérivées du grec, conserve les voyelles de nombreux mots.

Quelle différence entre translittération et traduction ?

La translittération remplace le son de chaque signe par une lettre latine : ꜥnḫ. La traduction donne le sens en français : « vie ». Les égyptologues impriment les deux, la translittération d’abord.

Comment taper ꜣ et ꜥ ?

Tous deux ont leur propre caractère Unicode, l’aleph et l’aïn égyptologiques. Les textes et les sites plus anciens se contentaient de 3 ou A pour ꜣ et de a pour ꜥ, ou de sosies comme ȝ et ʿ.

Pourquoi un groupe comme bḥ semble-t-il imprononçable ?

La translittération ne montre que les consonnes, et un groupe peut donc compter deux lettres sans voyelle. Ajoutez le e de convention entre elles, et bḥ se dit beh.

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Sources

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