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L’alphabet hiéroglyphique : 24 signes et leurs sons
5 novembre 2026
L’alphabet hiéroglyphique est l’ensemble des 24 signes qui écrivent chacun une seule consonne, du vautour percnoptère (ꜣ) au cobra (ḏ, prononcé « dj »). Apprenez-les en premier : la plupart des noms royaux et des mots courants les emploient.
Cette liste est moderne. Les scribes égyptiens mêlaient ces signes à des centaines d’autres qui écrivent deux ou trois consonnes, des mots entiers ou des catégories muettes, et ils n’écrivaient pas les voyelles. Les égyptologues ont isolé les signes d’une consonne et les ont rangés dans un ordre fixe, celui qui suit.
Les égyptologues rangent les 24 signes dans un ordre fixe
Chaque ligne donne l’image, son code de Gardiner, la consonne telle que l’écrivent les égyptologues et un son approchant en français.
L’égyptien avait des sons que le français ignore
Plusieurs paires de signes qui semblent faire double emploi notaient des sons distincts. L’abri de roseaux est un h simple, la mèche tressée un ḥ plus fort, venu de la gorge. Le placenta est le kh rauque de l’allemand Bach, le ventre avec mamelle un kh plus doux, proche de l’allemand ich.
Trois autres vont par paires : k et un q plus profond, t et tch, d et dj. Le verrou notait d’abord un z. En moyen égyptien, il s’est confondu avec le s de l’étoffe pliée, et les scribes en vinrent à employer les deux signes pour le même son.
Le vautour et l’avant-bras se lisent tous deux « a » aujourd’hui, mais c’étaient des consonnes. Le vautour était sans doute un coup de glotte à l’époque du moyen égyptien, l’avant-bras très probablement un son proche du ʿayn arabe.
Les noms grecs demandaient des lettres absentes de l’égyptien
Il n’existe aucun signe pour l ou v, ni pour e ou o. À l’arrivée des rois grecs, les scribes écrivirent le l de Ptolémaios et de Kléopatra avec le lion couché (E23), un signe qui se lit sinon rw.
Le son y s’écrit avec deux traits (Z4) ou avec deux roseaux côte à côte. Certains tableaux l’ajoutent comme 25e lettre. Dans le cartouche de Ptolémée, le double roseau écrit le y de Ptolémaios.
Un prénom s’écrit d’après ses sons
Écrivez le prénom tel qu’il se prononce, un signe par son. Nora, par exemple, pourrait donner l’ondulation d’eau pour le n, le poussin de caille pour le o, la bouche pour le r et le vautour pour le a final.
Les sons absents de la liste prennent le signe le plus proche. On choisit souvent la vipère à cornes (f) pour le v, le lion pour le l, et le cobra (dj) pour le j de Julie.
Les scribes omettaient la plupart des voyelles des mots égyptiens. Pour un prénom moderne, écrire chaque voyelle avec le vautour, le roseau ou le poussin de caille, comme le faisaient les scribes ptolémaïques avec les noms grecs, le rend plus facile à lire pour vos amis.
La plupart des textes demandent d’autres signes que les 24
L’alphabet suffit pour les noms. Les textes s’appuient tout autant sur des signes de deux ou trois consonnes, comme l’ânkh (S34, ꜥnḫ, ânkh, « vie ») ou le cœur et la trachée (F35, nfr, néfer, « bon »). Ces signes s’accompagnent souvent de signes de l’alphabet qui confirment leur son, si bien que connaître les 24 aide là aussi.
Dessiner chaque signe de mémoire le fixe plus vite que regarder un tableau. L’école des scribes note votre dessin et vous redonne les signes que vous ratez.
Questions
Les Égyptiens ont-ils inventé l’alphabet ?
Indirectement. Le plus ancien alphabet connu, venu du Sinaï et d’Égypte dans la première moitié du IIe millénaire av. J.-C., a emprunté des images hiéroglyphiques pour écrire une langue sémitique, un son par signe. Par le phénicien, il a donné les lettres grecques et latines d’aujourd’hui.
Pourquoi les tableaux de l’alphabet montrent-ils des signes différents pour la même lettre ?
Les tableaux faits pour écrire des noms font correspondre nos lettres aux sons égyptiens et doivent choisir : c peut valoir k ou s, et le vautour comme l’avant-bras valent a. Certains emploient aussi la spirale (Z7), forme plus tardive du poussin de caille, pour w.
L’alphabet copte est-il le même que l’alphabet hiéroglyphique ?
Non. Le copte, dernier stade de l’égyptien, s’écrivait avec l’alphabet grec augmenté de six ou sept lettres empruntées au démotique, l’écriture courante tardive. Il notait les voyelles, ce que les hiéroglyphes ne firent jamais pour les mots égyptiens.
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Sources
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