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Qu’est-ce qu’un cartouche, et pourquoi les rois y mettaient leur nom
5 novembre 2026
Un cartouche est l’anneau ovale que les Égyptiens traçaient autour d’un nom royal. Il représente une boucle de corde nouée à un bout, et ce qui est écrit dedans est le nom d’un roi, d’une reine ou, plus rarement, d’un dieu.
Sur un mur couvert de hiéroglyphes, les rois sont dans les cartouches. Trouvez-en un, et vous saurez qui a bâti le mur ou à qui il rend hommage.
L’anneau représente une boucle de corde
Le cartouche est une version étirée de l’anneau shen, un cercle de corde qui signifiait l’éternité et la protection. Le mot égyptien était šnw (shenou), d’un verbe qui veut dire « encercler ». Les égyptologues y voient souvent le roi régnant sur tout ce que le soleil entoure dans sa course.
Le nom est français. On raconte que les soldats de l’expédition de Bonaparte en Égypte, en 1798, trouvaient que ces ovales ressemblaient aux cartouches en papier de leurs fusils.
Snéfrou fut le premier à employer régulièrement un cartouche
Les premiers rois écrivaient leur nom dans un serekh : un rectangle dessiné comme une façade de palais, surmonté du faucon Horus. Le nom de Narmer se tient dans un serekh.
Le cartouche est venu plus tard. Quelques exemples sont rattachés aux derniers rois de la IIIe dynastie, mais Snéfrou, vers 2600 av. J.-C., est le premier roi connu à y écrire régulièrement son nom : l’étoffe pliée, le cœur et la trachée, la bouche et le poussin de caille, snfrw. Les rois gardèrent un nom d’Horus dans un serekh longtemps après l’arrivée du cartouche.
Deux des cinq noms royaux vont dans des anneaux
Au Moyen Empire, un roi avait cinq noms, chacun avec son titre.
Le nom de trône suit le titre nswt-bjtj, « roi de Haute et de Basse-Égypte », écrit avec le jonc (M23) et l’abeille (L2). Le nom de naissance suit sꜣ-rꜥ, « fils de Rê », le canard pilet (G39) et le soleil (N5).
Toutânkhamon montre les deux. Son nom de trône, Nebkhéperourê, « Rê est le maître des formes », est fait du soleil, du scarabée, de trois traits du pluriel et de la corbeille. Son nom de naissance, Toutânkhamon, « image vivante d’Amon », glisse aussi un titre dans le même anneau : souverain de l’Héliopolis du Sud.
- Nom d’Horus, écrit dans un serekh
- Nom de Nebty, sous la déesse vautour et la déesse cobra
- Nom d’Horus d’or
- Nom de trône, pris au couronnement, dans un cartouche
- Nom de naissance, donné au prince, dans un cartouche
Les reines et l’Aton avaient aussi des cartouches
Les reines et certaines princesses écrivaient aussi leur nom dans des cartouches, parmi elles Ahmès-Néfertari, Tiyi, Néfertiti et Néfertari. Sous Akhenaton, même le disque solaire, l’Aton, voyait ses noms écrits dans des cartouches, comme ceux d’un roi.
Les fonctionnaires et les architectes n’en avaient pas, si célèbres qu’ils fussent. Imhotep, à qui l’on attribue la pyramide à degrés de Djéser, et Senenmout, l’intendant d’Hatchepsout, écrivaient leur nom sans anneau.
Les rois suivants effaçaient de la pierre les noms tombés en disgrâce
À la fin du règne de Thoutmôsis III, une vingtaine d’années après la mort d’Hatchepsout, beaucoup de ses cartouches et de ses figures furent martelés. Après la période amarnienne, les noms d’Akhenaton furent arrachés à coups de burin et sa ville abandonnée.
Les listes royales pouvaient aussi omettre un anneau. Celle du temple de Séthi Ier à Abydos saute Hatchepsout, Akhenaton et Toutânkhamon.
Un cartouche se lit en allant vers les visages
Lisez les signes de l’intérieur dans le même sens que le texte qui l’entoure, vers les visages. Le nom d’un dieu passe en général devant par respect : le disque solaire de Rê coiffe le nom de trône de Toutânkhamon et se lit en dernier.
Le cartouche est aussi un signe à part entière, V10 dans la liste de Gardiner. Dessiné en petit après un mot, il sert de déterminatif pour « nom ».
Deux cartouches ont donné à Champollion ses premiers sons
Les cartouches ont offert au déchiffrement sa première prise. Jean-Jacques Barthélemy suggéra en 1762 que les anneaux contenaient des noms royaux. En 1819, Thomas Young avait montré que le cartouche de la pierre de Rosette écrivait Ptolémée, le roi nommé dans le texte grec, et William Bankes devina le nom de Cléopâtre sur un obélisque de Philae. Jean-François Champollion compara les deux cartouches signe par signe : le tabouret pour p, le lion pour l et le lasso pour o se retrouvent dans les deux. Sa lettre à Bon-Joseph Dacier, en 1822, exposa les premières valeurs sonores sûres.
Questions
Tout le monde pouvait-il avoir un cartouche dans l’Égypte ancienne ?
Non. Il appartenait aux rois, aux reines et à certains enfants royaux. Aujourd’hui, des pendentifs en forme de cartouche avec des prénoms modernes se vendent partout en Égypte.
Où voir des cartouches en Égypte ?
Dans presque tous les temples. La galerie des Listes du temple de Séthi Ier à Abydos réunit les cartouches de 76 rois antérieurs, et Karnak et le temple de Louxor en portent sur leurs colonnes, leurs murs et leurs obélisques.
Pourquoi certains cartouches sont-ils debout et d’autres couchés ?
Ils suivent le texte. Dans une colonne, le cartouche se tient debout sur son extrémité nouée. Dans une ligne, il est couché, le nœud du côté où le nom se termine.
Les personnages de l’article
- Sneferu v. 2613–2589 av. J.-C.
- Tutankhamun v. 1336–1327 av. J.-C.
- Narmer v. 3000 av. J.-C.
- Ahmose-Nefertari v. 1550–1505 av. J.-C.
- Tiye v. 1390–1352 av. J.-C.
- Nefertiti v. 1352–1336 av. J.-C.
- Nefertari v. 1279–1255 av. J.-C.
- Akhenaten v. 1352–1336 av. J.-C.
- Imhotep v. 2667–2648 av. J.-C.
- Senenmut v. 1473–1458 av. J.-C.
- Djoser v. 2667–2648 av. J.-C.
- Hatshepsut v. 1473–1458 av. J.-C.
- Ptolemy V v. 205–180 av. J.-C.
- Cleopatra VII v. 51–30 av. J.-C.
- Seti I v. 1294–1279 av. J.-C.
- Thutmose III v. 1479–1425 av. J.-C.
Où le voir
- Rosetta Stone objet
- Philae Temple site
- Temple of Seti I at Abydos monument
- Karnak Temple site
- Luxor Temple site
- Step Pyramid of Djoser monument
Sources
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